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ERVERTE privilégie les fibres naturelles, jusque dans son sac banane en coton recyclé

Polyester recyclé : ERVERTE l'écarte de ses vêtements homme fabriqués en France. Microfibres, chiffres 2024 et sac banane en coton recyclé à 79 €.

ERVERTE privilégie les fibres naturelles, jusque dans son sac banane en coton recyclé

Points à retenir

  1. Le polyester recyclé, que la filière appelle rPET, vient de déchets plastiques, le plus souvent des bouteilles en PET.
  2. Transformer une bouteille en T-shirt donne une seconde vie au plastique, c'est vrai.
  3. Les chiffres que reprend ERVERTE viennent du Materials Market Report 2025 de Textile Exchange, dont Refashion a publié une synthèse le 13 novembre 2025.
  4. C'est le produit que la marque met en avant dans son dossier, et il résume sa démarche mieux qu'un long discours.

Une marque de vêtements qui écrit noir sur blanc que le polyester recyclé n’est pas une solution durable, et qui va jusqu’au bout de l’idée dans la composition d’un simple sac banane, ça vaut le détour. ERVERTE, marque parisienne de vêtements homme fabriqués en France, a publié le 18 décembre 2025 un dossier consacré au polyester recyclé et durabilité. Sa thèse tient en une ligne. Une fibre tirée de bouteilles reste un polymère plastique. Ses collections suivent la même ligne : coton, coton bio, coton recyclé et lin.

Vous portez des vêtements à chaque séance et vous les lavez souvent, parfois tous les jours. Pour un sportif, la fibre n’a rien d’abstrait. C’est elle qui touche votre peau, et c’est elle qui part dans l’eau de la machine.

Le polyester recyclé reste un plastique, et ERVERTE en tire les conséquences

Le polyester recyclé, que la filière appelle rPET, vient de déchets plastiques, le plus souvent des bouteilles en PET. On les broie, on les fond, puis on les ré-extrude en filaments textiles. Le fil change de vie. Il ne change pas de nature.

ERVERTE ne nie pas l’intérêt du procédé. Son article reconnaît que le rPET réduit le recours aux matières fossiles vierges et rappelle que l’analyse de cycle de vie du polyester publiée par Textile Exchange en 2026 en fait un levier important. Mais la marque pose aussitôt la limite. Le textile final reste un plastique, et son bilan dépend aussi de l’énergie, du transport, de la durée de port et de la fin de vie.

À mon sens, c’est le passage le plus honnête du dossier. Le gain est reconnu, sans en faire une fin en soi. Et elle en tire une décision concrète pour ses propres produits : pas de fibres plastiques quand une fibre naturelle fait le travail.

Des bouteilles aux vêtements, une boucle qui se referme mal

Transformer une bouteille en T-shirt donne une seconde vie au plastique, c’est vrai. ERVERTE souligne l’autre face. La matière quitte une filière bouteille-à-bouteille qui fonctionne et entre dans une filière textile où le recyclage suivant devient bien plus compliqué. Mélanges de fibres, teintures, finitions, accessoires : un vêtement est un objet composite. Le recycler une deuxième fois n’a rien d’automatique.

Balles de bouteilles en plastique compressées dans un centre de tri, matière première du polyester recyclé

Des bouteilles en PET compressées, la matière première de la plupart du polyester recyclé. Photo Gaurav Ranjitkar / Pexels

Le recyclage a lui aussi son coût, et la marque détaille les principaux postes d’impact en s’appuyant sur la même analyse de Textile Exchange. En recyclage thermomécanique, l’électricité, la collecte et le transport des déchets pèsent lourd. En recyclage chimique, ce sont l’énergie et les produits de procédé, dont des solvants comme le méthanol dans certains systèmes.

Reste la question des microfibres, celle qui parle le plus à quelqu’un qui lave son linge de sport trois ou quatre fois par semaine. ERVERTE cite une étude publiée dans Environmental Science & Technology en 2026. Après un seul recyclage mécanique, pas de différence nette au lavage. Les tissus recyclés deux fois ont libéré environ 4,3 fois plus de microfibres plastiques que le polyester vierge, et ceux recyclés trois fois environ 6,2 fois plus.

Les chercheurs y voient une fragmentation cumulative des fibres. ERVERTE présente aussi des travaux de 2024 aux résultats plus nuancés, et c’est tout à son honneur. Franchement, pour du linge de sport qui passe en machine plusieurs fois par semaine, ces chiffres méritent qu’on s’y arrête.

D’où la conclusion du dossier sur les étiquettes. La mention « fabriqué à partir de bouteilles recyclées » ne décrit qu’une partie du profil environnemental d’un vêtement. Elle ne dit rien de sa recyclabilité future, des microfibres libérées, de sa durée de port ni de sa fin de vie. Le bon réflexe, à mon avis : ne pas s’arrêter à cette seule mention.

59 % des fibres mondiales sont en polyester, selon Textile Exchange

Les chiffres que reprend ERVERTE viennent du Materials Market Report 2025 de Textile Exchange, dont Refashion a publié une synthèse le 13 novembre 2025. En 2024, la production mondiale de fibres a atteint environ 132 millions de tonnes, contre 125 millions en 2023. À lui seul, le polyester en représente 59 %. Le recyclé progresse en volume, autour de 9,3 millions de tonnes, mais sa part dans le polyester recule légèrement, de 12,5 % à 12 %, parce que le vierge progresse plus vite.

Le polyester dans les fibres textiles mondiales en 2024

Source : Textile Exchange, Materials Market Report 2025, cité par ERVERTE et par Refashion (13/11/2025)

Poids du polyester dans la production mondiale de fibres59 %
Polyester encore d’origine fossile88 %
Recyclé dans le marché du polyester12 %
Bouteilles en plastique à l’origine du polyester recyclé98 %

Production mondiale de fibres : environ 132 millions de tonnes en 2024 (125 millions en 2023).

Je conseille de lire ces barres de bas en haut : la démonstration d’ERVERTE se tient alors toute seule. Le recyclé dépend presque entièrement des bouteilles. Le vrai recyclage, celui qui refait un vêtement avec un vêtement, reste marginal.

Le saviez-vous ?

Toutes fibres confondues, le recyclage textile-à-textile restait inférieur à 1 % du marché mondial des fibres en 2024. Les fibres recyclées pesaient 7,6 % de la production, dont 6,9 % de polyester issu de bouteilles. Source : Textile Exchange, Materials Market Report 2025, synthèse Refashion du 13 novembre 2025.

Le sac banane L’Essentiel, du coton recyclé sans polyester

C’est le produit que la marque met en avant dans son dossier, et il résume sa démarche mieux qu’un long discours. Le sac banane L’Essentiel, en bleu marine, est fabriqué en France à partir de 50 % de coton recyclé et 50 % de coton. ERVERTE l’écrit ainsi : « il utilise une fibre naturelle recyclée sans introduire de polyester dans sa composition textile ». Il est vendu 79 €.

Ce qui me plaît dans ce choix, c’est sa cohérence. Recycler, oui. Mais recycler une fibre naturelle, sans ajouter de plastique au passage. Pour autant, ERVERTE ne présente pas le coton recyclé comme une matière sans impact. Elle en parle comme d’un réemploi de matière, associé à une fabrication française et à un objet pensé pour durer. Clés, téléphone, carte de salle : le sac ceinture fait partie de ces accessoires qu’on garde sur soi toute la journée.

Sweats, hoodies et T-shirts en coton bio et lin fabriqués en France

Le reste du vestiaire suit la même règle. Les sweats homme sont fabriqués en France en coton biologique, dans une matière dense. Les sweats à capuche, en coton biologique eux aussi, misent sur un intérieur doux. ERVERTE les décrit en une phrase que je reprends telle quelle : « Lignes épurées, matière dense et intérieur doux composent des pièces confortables à l’allure sobre et raffinée. »

Homme portant un hoodie noir en coton biologique, posture droite de face
Photo : ERVERTE Paris

Côté T-shirts, ERVERTE travaille des fibres naturelles, « notamment du coton et du lin biologique », dans des matières respirantes. Le T-shirt en coton fabriqué en France coûte 85 €, en bleu marine, blanc, noir ou bleu. Les polos en coton bio, bleu marine ou blanc, sont à 105 €. La casquette en coton bio, fabriquée en France, est à 79 €.

La gamme complète couvre aussi les chemises, les shorts et les pantalons. Elle la résume ainsi : « T-shirts, sweats, hoodies, chemises, pantalons, shorts, polos, casquettes et sacs composent un vestiaire aux lignes épurées et aux finitions durables. » La livraison est internationale.

Concevoir pour durer et produire moins, la démarche de la marque

Le dossier sur le polyester recyclé se termine sur une position claire. Pour ERVERTE, aller plus loin signifie « éviter les fibres plastiques lorsque les fibres naturelles sont adaptées au produit, concevoir des vêtements pour une utilisation longue et limiter les volumes de production inutiles ».

Trois engagements, et aucun ne repose sur une étiquette verte. Je retrouve là quelque chose que je répète à longueur de séances. La régularité bat le volume. Un programme qu’on tient deux ans vaut mieux que dix programmes lâchés en route. C’est pareil pour un vêtement : le plus sobre, c’est celui qu’on porte longtemps et qu’on n’a pas besoin de remplacer.

Choisir de produire moins, c’est prendre un parti assumé, à contre-courant de la mode jetable. Avec 132 millions de tonnes de fibres produites en 2024, ce parti pris pèse.

Après la séance, des fibres naturelles sur la peau

Le sweat que vous enfilez en sortant de l’entraînement, le T-shirt du quotidien, la casquette du footing du dimanche : ce sont les pièces qui passent le plus souvent en machine. C’est aussi là que le choix de la fibre compte le plus, puisque chaque lavage rejoue la même question.

Mon conseil tient en un geste. Prenez l’habitude de lire la ligne « composition » de l’étiquette avant la taille. Mieux vaut le vérifier avant de penser à la coupe. Sur ses pages, ERVERTE l’annonce d’entrée : « Fabriqué en France · Fibres naturelles ». Pour le dossier complet, avec les études sur les microfibres et les chiffres de Textile Exchange, le journal de la marque reste la meilleure porte d’entrée.

Questions fréquentes

Le polyester recyclé est-il encore du plastique ?

Oui. Le rPET est fabriqué à partir de déchets plastiques, souvent des bouteilles en PET, ré-extrudés en fibres. Le matériau reste un polymère plastique, comme le rappelle ERVERTE dans son dossier du 18 décembre 2025.

Pourquoi ERVERTE n’utilise-t-elle pas de polyester recyclé ?

La marque explique que le polyester recyclé reste un plastique, que sa circularité est limitée et que les microfibres demeurent. Elle fait le choix de fibres naturelles quand elles conviennent au produit, de vêtements conçus pour durer et de volumes de production limités.

De quoi est fait le sac banane L’Essentiel ?

De 50 % de coton recyclé et 50 % de coton, sans polyester dans sa composition textile. Il est fabriqué en France, proposé en bleu marine, au prix de 79 €.

Quels vêtements ERVERTE fabrique-t-elle en France ?

Des sweats et sweats à capuche en coton biologique, des T-shirts en coton et lin biologique, des polos en coton bio, des chemises, des shorts, des pantalons, des casquettes et des sacs. La livraison est internationale.

Sources

ERVERTE, Journal, « Vêtements en polyester recyclé : pourquoi ce n’est pas une solution durable », 18 décembre 2025 (lu le 20 octobre 2026).

ERVERTE, pages collections Tous, Sweats, Sweats à capuche et T-shirts homme fabriqués en France (lues le 20 octobre 2026).

Textile Exchange, Materials Market Report 2025.

Refashion, veille « Materials Market Report 2025 – Textile Exchange », 13 novembre 2025.

Environmental Science & Technology, étude sur les microfibres des tissus recyclés (2026), citée par ERVERTE.